Un point sur les probiotiques s’impose !

Je reçois aujourd’hui dans mes courriels une publicité pour « LE probiotique Français, issus de la recherche médicale et qui va vous faire perdre 13Kg en 30 jours et sans changer vos habitudes » Il est même précisé « pas besoin de sport » !

La publicité est-elle là pour nous rendre idiot ? Peut-être y parviendra-t-elle ?

Essayons avant, de regarder les choses objectivement.

De ce que nous savons aujourd’hui, notre Microbiome, c’est-à-dire la sphère écologique qui nous accompagne nécessairement toute notre vie, vari en permanence autour de facteurs environnementaux multiples, dont l’alimentation, mais ne doit guerre s’éloigner d’une base constituée de plusieurs milliers de souches différentes. Cette « base » est propre à chaque individu, avec la même spécificité que les empreintes digitales par exemple.

Or, cette singularité semble se construire durant nos 2 premières années de vie[1]. Au-delà, nous ne faisons que graviter autour de cette base…du moins si l’on reste en bonne santé.

Premier enseignement donc: il est fondamental de permettre aux bébés de construire cette « base » dans ses deux premières années de vie à colostrum bienvenue J antibiotiques indésirables L

Il apparait également que les Probiotiques que nous ingérons, ne s’implantent jamais dans notre « base » microbiotique. Les arguments du type « prenez nos probiotiques et vous ensemencerez votre Microbiome » sont donc fallacieux…passées les deux premières années de vie !

Est-ce que pour autant, que la prise de probiotique est inutile ? Non, mais avec comme objectif de bousculer cet équilibre microbiotique momentanément perturbé par un mode de vie délétère ou par exemple par la prise d’antibiotiques ou autres substances toxiques susceptibles d’affectées notre Microbiome de base. L’idée est alors de mettre un coup de pied dans notre fourmilière microbiotique pour que l’équilibre écologique revienne vers cette « base » synonyme de santé.

L’apport de probiotiques ne peut évidemment pas se suffire à lui-même. Il est intéressant pour bousculer un équilibre perverti par des variables environnementales. Il est donc absolument nécessaire de « corriger » ces variables environnementales que ce soit l’alimentation, le contexte psycho-émotionnel mais aussi , pour ne pas dire surtout, l’activité physique indispensable.

Les preuves s’accumulent aujourd’hui quant à la relation entre notre microbiote intestinal et le diabète de type 2[2], mais aussi les maladies inflammatoires[3], ou encore l’obésité[4], et même le comportement ou l’aspect psycho émotionnel[5]. Et oui il y a bien un pilote dans l’avion mais ce n’est peut-être pas celui auquel on s’attendait !


[1] Ruairi C. Robertson et al., « The Human Microbiome and Child Growth – First 1000 Days and Beyond », Trends in Microbiology 27, no 2 (1 février 2019): 131‑47, https://doi.org/10.1016/j.tim.2018.09.008.

[2] Matteo Serino, Vincent Blasco-Baque, et Remy Burcelin, « Microbes On-Air: Gut and Tissue Microbiota as Targets in Type 2 Diabetes », Journal of Clinical Gastroenterology 46 (2012): S27‑28.

[3] Etheresia Pretorius et al., « The dormant blood microbiome in chronic, inflammatory diseases », FEMS Microbiology Reviews 39, no 4 (4 mai 2015): 567‑91, https://doi.org/10.1093/femsre/fuv013.

[4] Michael Rosenbaum, Rob Knight, et Rudolph L. Leibel, « The gut microbiota in human energy homeostasis and obesity », Trends in Endocrinology & Metabolism 26, no 9 (1 septembre 2015): 493‑501, https://doi.org/10.1016/j.tem.2015.07.002.

[5] Eoin Sherwin, Timothy G. Dinan, et John F. Cryan, « Recent Developments in Understanding the Role of the Gut Microbiota in Brain Health and Disease », Annals of the New York Academy of Sciences 1420, no 1 (1 mai 2018): 5‑25, https://doi.org/10.1111/nyas.13416.

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