La planète tousse…alors que faire ?

La planète est secouée ! Elle tousse, hoquète.  

Peut-être est-il temps de considérer l’humain comme une petite partie du Tout qu’est notre biosphère ?

Peut-être que cet accident de l’humanité nous poussera enfin à aborder le vivant dans sa dimension systémique comme le propose Joël de ROSNAY[1] ?

Peut-être saurons nous accorder une oreille, voir deux, à une approche complexe du vivant comme le suggère depuis plus de 50 ans Edgar MORIN[2] ?

L’alimentation est un levier de premier ordre pour aborder la santé de l’humain mais aussi celle de la planète comme l’explique si bien le groupe de chercheurs dans « The Lancet »[3]. Ce qu’il serait bon de consommer pour notre santé, serait aussi vertueux pour notre environnement…. Alors pourquoi ne retroussons-nous pas nos manches, résolus à « bien » manger, résolus à « bien » vivre ?

Pour initier ce mouvement il faut donner à comprendre car comme le proposait Spinoza: « comprendre est le commencement d’approuver »[4]. Depuis, les sciences de l’éducation sont consensuelles sur ce point. La personne doit s’emparer, s’approprier certaines connaissances pour pouvoir infléchir, changer ses comportements[5].

Il est plus que jamais temps de s’extraire des dogmes quels qu’ils soient pour embrasser le comprendre, l’analyser, la critique sans à priori ni acrimonie, pour évoluer, s’adapter en toute intelligence.

Une belle promenade de santé en perspective non?


[1] Joël de Rosnay, La symphonie du vivant: comment l’épigénétique va changer votre vie (Paris, France: LLL, les Liens qui libèrent, 2018).

[2] Edgar Morin, Introduction à la pensée complexe (Paris, France: Éditions Points, DL 2014, 2014).

[3] Walter Willett et al., « Food in the Anthropocene: the EAT–Lancet Commission on healthy diets from sustainable food systems », The Lancet 393, no 10170 (2 février 2019): 447‑92, https://doi.org/10.1016/S0140-6736(18)31788-4.

[4] Baruch Spinoza, Traité théologico-politique, éd. par Fokke Akkerman, trad. par Jacqueline Lagrée et Pierre-François Éditeur scientifique Moreau (Paris, France: Presses universitaires de France, impr. 2012, 2012).

[5] André Giordan et Jérôme Saltet, Apprendre à apprendre (Paris, France: Librio, impr. 2015, 2015).

Les incendies d’Australie… le Covid-19 : tout ça c’est la faute des publicités !… Et si ce n’était pas si bête ?!

Notre hiver fût marqué par les incendies sans précédent en Australie où la biodiversité a payé un très lourd tribut à la gestion extensive de ce vaste territoire.

Pourtant depuis quelques temps, certains chercheurs nous alertaient sur la dangerosité de pratiques « modernes » de la gestion du feu[1]. Les aborigènes avaient des pratiques probablement pluri-milléniales, qui leur permettaient de « vivre dans leur paysage » plus que « gérer les ressources »[2]. Le changement de paradigme est pourtant clair du point de vue du changement sémantique !

Le résultat des incendies, largement médiatisés cet hiver, est une perte profonde et massive de la biodiversité sur ces territoires. Ce qu’il en adviendra ? Nul ne peut honnêtement le dire tant la « modélisation » du vivant et de sa résilience est hors de portée des capacités de calculs fussent-elles colossales des Deep Blue et consorts !

C’est bien une approche systémique qu’il faut avoir lorsque l’on traite du vivant et quelle qu’en soit l’échelle. Joël de Rosnay l’expliquait pourtant déjà en 1975[3] !

Quelles conséquences sur la diversité des végétaux ? Ils sont eux même, rappelons-le, en symbiose avec les champignons et bactéries du sol tout autant qu’avec les espèces médiatiques qui les habitent. Quelles conséquences de la migration de certaines espèces vers des zones normalement « dédiées » à l’homme ?

… Tiens tiens nous y venons …

Toute ressemblance avec une affaire mondiale qui occupe toute la planète aujourd’hui serait fortuite bien sur ?!

Il reste bien évidemment quelques éléments à découvrir[4], mais il semble bien probable aujourd’hui que notre COVID-19 serait né de la rencontre d’une chauve-souris, (porteur sain d’un cousin virus) et d’un Pangolin, (dont personnellement j’ignorais l’existence il y a encore deux mois de cela) !

Les us et coutumes locales, dans des conditions sanitaires déplorables certes, mais éthiques et morales très discutables surtout, ont permis le passage à l’humain à travers le désormais célèbre « patient zéro ».

Nous le vivons à l’échelle planétaire, ce n’est pas un battement d’aile à un bout de la planète qui provoque un ouragan à l’autre bout comme le proposait Edward Lorenz[5],  mais une simple agglomération de quelques « bases », autrement dit ce fameux Corona virus, qui a réussi le tour de force de paralyser durablement notre mode de vie moderne.

Tel un tremblement de terre, cette petite chose fait vaciller ce que nous croyions sans doute un socle inébranlable : l’économie de marché.

A la lecture d’un ouvrage fantastique de Marc André Selosse [6], je m’étais souvenu de ce que le Professeur Montagnier disait dans un de ses ouvrages en 2008[7]. Il y expliquait que les virus ou bactéries capables de rayer l’humanité de la surface de notre planète existent d’ores et déjà, en réalité ou en devenir… et la seule chose qui nous préserve de ces « serial killer » …se sont d’autre bactéries et virus avec qui nous vivons en toute fraternité voire symbiose.

Dit autrement, seule la biodiversité dans son entièreté peut nous préserver du « vilain germe » qui, de toutes façons, existe et existera.

A cette époque je m’interrogeais donc sur la pertinence de ces fameux gels hydro-alcoolique qui crânement affichent un taux de destruction des miasmes de 99,9% !

Si nous nous acharnons à tuer tous ces micro-organismes, qu’adviendra-t-il le jour où les 0,01% restant ne seront que les « bad boy » ? Plus de concurrence…. Ce sera une hégémonie totale de ces « mauvais » germes sans plus personne pour faire concurrence !

Alors bien évidemment, il est hors de question de revenir aux pratiques d’entant ou le lavage des mains n’était qu’un luxe dominical, mais peut-être nous faut-il raison garder et ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain en utilisant de façon extensive ces « fameux » gels hydro-alcooliques. L’exemple du rétropédalage, légitime bien qu’un peu tardif, sur les antibiotiques devrait toujours raisonner à nos oreilles.

J’en viens maintenant à cet article paru dans « the Lancet » il y a un an[8]. J’invite chacune et chacun à s’en imprégner. A l’aune de ce que nous vivons, il prend une puissance toute particulière… peut être en avons-nous besoin pour révolutionner le paradigme de notre monde « moderne ».

Pour faire court, cet article pointe du doigt les inepties qui ont émergé d’un mode de consommation débridé et surtout démontre simplement que ce qui est bon pour notre santé est, de facto, bon pour la planète.

Comment envisager effectivement que le blé d’aujourd’hui qui vient de cultures extensives où le sol donne parfois plus de 3 récoltes par an à grands coups d’intrants, soit de la même qualité nutritive que celui cultivé jadis, une fois tous les trois ans, sur la même parcelle ?!

Comment imaginer que le pain aujourd’hui produit industriellement très rapidement, soit le même que celui de jadis, patiemment levé par des levures locales très diverses ?

Alors le pain devient toxique pour de nombreux consommateurs et on trouve un coupable : le Gluten !!! Alors… Arrow sur le gluten !! Lao-Tseu disait : « le sage montre la lune et l’imbécile regarde le bout du doigt »… nous sommes tous des imbéciles.

La lame de fond qui nous pousserait à manger sainement permettrait donc clairement à notre planète de mieux respirer. Alors qu’attendons-nous, pour que chacun regarde vers la lune plutôt que de fixer les doigts des diktats consuméristes ?

Il suffit dés lors de désinventer la publicité, la détricoter gentiment pour nous émanciper collectivement des chaines auxquelles, insidieusement elle a arrimé nos esprits.

Que déciderons-nous de faire…? Ne serait-il pas temps de nous indigner[9] ?


[1] Justin J. Perry et al., « The divergence of traditional Aboriginal and contemporary fire management practices on Wik traditional lands, Cape York Peninsula, Northern Australia », Ecological Management & Restoration 19, no 1 (1 janvier 2018): 24‑31, https://doi.org/10.1111/emr.12301.

[2] Aaron M. Petty, Vanessa deKoninck, et Ben Orlove, « Cleaning, Protecting, or Abating? Making Indigenous Fire Management “Work” in Northern Australia », Journal of Ethnobiology 35, no 1 (1 mars 2015): 140‑62, https://doi.org/10.2993/0278-0771-35.1.140.

[3] Joël de Rosnay, Le Macroscope: vers une vision globale (Paris, France: Éditions du Seuil, 1975).

[4] Tao Zhang, Qunfu Wu, et Zhigang Zhang, « Probable Pangolin Origin of SARS-CoV-2 Associated with the COVID-19 Outbreak », Current Biology 30, no 7 (6 avril 2020): 1346-1351.e2, https://doi.org/10.1016/j.cub.2020.03.022.

[5] Edward N. Lorenz, The essence of chaos, The Jessie and John Danz lectures (Seattle: University of Washington Press, 1993).

[6] Marc-André Selosse et Francis Hallé, Jamais seul: ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et les civilisations (Arles, France: Actes Sud, 2017).

[7] Luc Montagnier, Les combats de la vie mieux que guérir, prévenir, éd. par Dominique Vialard (Paris: J-C Lattès, 2008).

[8] Walter Willett et al., « Food in the Anthropocene: the EAT–Lancet Commission on healthy diets from sustainable food systems », The Lancet 393, no 10170 (2 février 2019): 447‑92, https://doi.org/10.1016/S0140-6736(18)31788-4.

[9] Stéphane Hessel et Damion Searls, Indignez-Vous !, 2011.

La régénérescence cellulaire

Il est toujours stupéfiant de voir à quelle allure notre corps se régénère[1].

Il est, chaque année, encore plus stupéfiant de lire des études qui montrent à quel point cette régénérescence est permanente tout au long de notre vie[2]  et concerne tous les compartiments de notre organisme[3].

Il est vertigineux d’appréhender à quel point toutes les parties de notre corps sont en interdépendance parfois même les plus incongrues – comme le microbiote intestinal et notre cerveau – avec parfois à la clé la modification de nos « humeurs »[4] !

En ce qui concerne la régénération de nos « tissus », pensons qu’en moyenne nous renouvelons nos entérocytes, c’est-à-dire la couche cellulaire qui tapisse notre intestin, tous les 2 à 4 jours !! Sachant que cette surface d’échange avec le milieu extérieur que constitue ces innombrables entérocytes est supérieure à un cours de tennis, nous pouvons nous figurer la tâche qui incombe à notre corps en termes de changement des « pièces d’usures ».

Que faire alors pour aider, ou du moins ne pas handicaper, cette régénération de tous les instants ?

Deux choses fondamentales :

  • S’assurer que le système neurovégétatif ou « autonome » (le bien nommé) peut remplir en toute quiétude sa lourde besogne d’organisateur / maître d’œuvre.
  • S’assurer que tous les éléments nécessaires à cette régénération, que toutes les briques indispensables, seront bien livrées en temps et en heure, et, si possible, de qualité irréprochable.

Nous aurons peut-être l’occasion de nous étendre sur la première condition une prochaine fois…

Pour ce qui est du deuxième impératif, c’est à travers une alimentation de bonne qualité et apportée au bon moment que nous faciliterons cette régénérescence quotidienne.

Les fondements de cette alimentation-santé sont donc bel et bien dans :

  • La compréhension des mécanismes de transformation de l’aliment en nutriment, c’est à dire la micro-nutrition.
  • La prise en compte des rythmes biologiques physiologiques, soit la chronobiologie alimentaire.

[1] Kirsty L. Spalding et al., « Retrospective Birth Dating of Cells in Humans », Cell 122, no 1 (15 juillet 2005): 133‑43, https://doi.org/10.1016/j.cell.2005.04.028.

[2] Elena P. Moreno-Jiménez et al., « Adult hippocampal neurogenesis is abundant in neurologically healthy subjects and drops sharply in patients with Alzheimer’s disease », Nature Medicine 25, no 4 (1 avril 2019): 554‑60, https://doi.org/10.1038/s41591-019-0375-9.

[3] Spalding et al., « Retrospective Birth Dating of Cells in Humans ».

[4] Eleni Siopi et al., « Gut microbiota requires vagus nerve integrity to promote depression », bioRxiv, 1 janvier 2019, 547778, https://doi.org/10.1101/547778.

Les « enfermements » Neuro-Vasculaires

J’ai récemment eu la surprise de constater que l’idée selon laquelle les nerfs pouvaient être victimes de pathologies d’enfermement était pour certaines et certains confrères une sinistre supercherie. J’en suis d’autant plus désolé que ce genre de description est largement décrite dans la littérature depuis de nombreuses années.

Wall et Melsack dans leur célèbre ouvrage[1] reviennent sur ces pathologies dans plusieurs chapitres. Ils jettent les bases de la compréhension de ces pathologies d’enfermement et de leurs incidences potentielles sur la douleur.

Un peu plus tard, Dawson[2], approfondi le sujet de ce qu’il baptise « entrapment neuropathies » et il commence à lister les sites privilégiés où on peut rencontrer ce genre de dysfonctions.

L’apport de Robertson[3] quant à la dimension neurovégétative de ce genre d’enfermement me semble aussi essentiel puisque nous comprenons ainsi comment de modestes « entrapments » peuvent conduire à des dégénérescences trophiques localisées.

Nous ne connaissons que trop bien les épaules dites « idiopathiques » où nous ne comprenons pas bien pourquoi ces épaules en sont arrivées à un tel délabrement trophique… la réponse est le plus souvent à chercher au niveau de l’enfermement du nerf Axillaire[4].

Il ne serait à mon sens pas intéressant de dresser ici une liste, qui de toutes façons ne saurait être exhaustive, des structures nerveuses susceptibles de subir de telles dysfonctions.

J’ai été surpris toutefois qu’un confrère me reproche de raconter des sornettes, arguant qu’il travaille dans un service de neurochirurgie et qu’il n’avait jamais vu en 20 ans des « enfermements nerveux » !? Les neurochirurgiens n’interviennent ils pas sur les enfermements racinaires au niveau cervical ou lombaire ? Ne pratiquent-ils pas de neurolyses sur le Nerf Supra-scapulaire par exemple chez le volleyeur ? N’y a-t-il jamais de libération du Nerf Pudental dans le canal d’Alcock… ou ailleurs ? Nous pouvons aussi évoquer le canal carpien avec son Nerf Médian ou l’Ulnaire en regard de l’épitrochlée[5].

Les pathologies d’enfermement nerveuses sont donc très documentées depuis pas mal de temps.

Mais ce n’est pas fini. Il faut réserver une place de choix aux études initiées par Upton & Mc Comas[6], qui , à ma connaissance ont été les premiers à introduire la notion de « double crush syndrom ».

Cette dimension est particulièrement intéressante puisqu’il est ainsi démontré que la multiplication de « minuscules » enfermements tout au long du même tronc nerveux peut conduire en aval de ce nerf à des symptômes « majuscules ».

C’est pour nous autres thérapeutes manuels une piste de travail intéressante, désormais relativement bien codifié pour le nerf médian et ses 9 sites d’enfermement potentiel mais aussi pour bon nombre d’autre structures.

De très nombreuses équipes ont publié sur le sujet. Par exemple Allieu et Mackinnon[7], particulièrement pointus sur le membre supérieur, mais d’autres encore, venues étayer ces travaux dans différents secteurs.[8],[9],[10],[11]… 

Venons-en maintenant aux cervicales.

Chacun d’entre nous connait bien les enfermements de la racine C2. C’est le fameux Nerf d’Arnold, qui provoque des pseudo « migraines » en hémi casque.

Cette racine peut être classiquement « enfermée » au niveau du trou de conjugaison entre les vertèbres C1 et C2 mais aussi juste à la sortie entre les muscles Verniers particulièrement le Grand Droit postérieur de la tête et l’Oblique inférieur. Ce peut être aussi une « accroche » dans la boutonnière du ligament nucal.

Dans ce voisinage, il y a aussi les 4 derniers Nerfs Crâniens, dont les 3 premiers sortent par le foramen Jugulaire avec la veine du même nom. Ces rapports anatomiques avec la zone Occiput/Atlas/Axis sont parfaitement décrits déjà par Testu[12] en 1900 et depuis ces rapports anatomiques ont été confirmés par des auteurs modernes[13],[14] avec à l’appui une iconographie fabuleuse.

Le IX: Nerf Glossopharyngien qui est mixte, sensitif et moteur, toute à la fois Somatique et Viscéral (végétatif) de la zone oro-pharyngée.

Le X: Le fameux nerf Vague quant à lui exclusivement végétatif (sensitif et moteur). Il est Le nerf Parasympathique par excellence. Sont excitation provoque une augmentation du péristaltisme, une bradycardie, mais aussi une bronchoconstriction. Certains auteurs montrent même le rapport direct qu’il y a entre la libération d’acétylcholine qu’il induit au niveau de ses terminaisons dans le parenchyme pulmonaire et la proportion d’éosinophiles[15] (cellules sanguines de la lignée blanche impliquées dans le système immunitaire inné, notamment les réactions allergiques).

Il a en charge la trophicité du tube digestif du carrefour aéro-pharyngé jusqu’approximativement à l’angle colique gauche. Mais il a aussi « la main » sur la trophicité broncho pulmonaire[16].

Le XI: le nerf Accessoire. Après quelques controverses il semblerait que les anatomistes modernes[17] s’accordent sur le fait qu’il soit exclusivement somatique moteur et qu’il gouverne donc les Sterno-Cléido-Mastoïdien et le Trapèze supérieur.

Le XII: nerf Hypoglosse. C’est un nerf a priori exclusivement moteur (Somatique et végétatif) qui gouverne la langue[18]. Il partage juste une petite partie de ce territoire avec le Vague précité.

Les variations anatomiques sont nombreuses et Grays comme Testu, qui en leur temps avaient le loisir de disséquer à tour de bras (à l’instar de leur collègue Charpy , lui est passé à la postérité) nous ont régalé de pourcentages de cas un peu atypiques.

Certains auteurs ont plus récemment identifié une commande des SCM par le Nerf XII dans 2,5% des cas[19] !

A la lumière de ces connaissances anatomo-physiologiques qui certes sont perfectibles mais n’en demeurent pas moins consensuelles, il est logique de proposer des traitements manuels visant à « libérer » ces enfermements potentiels.

Nombre d’entre nous ont déjà pu constater qu’une inhibition des muscles Verniers suffisait parfois à soulager instantanément mais surtout de façon pérenne des névralgies d’Arnold…

Sur le même principe, on peut envisager de normaliser les mouvements de langue en « libérant » le Nerf Hypoglosse, de venir à bout d’un torticolis en « désenferment » un Nerf Accessoire, de soulager la trophicité et le spasme broncho pulmonaire en « soulageant » un nerf Vague ou encore permettre à une personne d’être moins sensible aux angines chroniques en « dégageant » un Nerf Glossopharyngien.

Peut-être que le vocabulaire choque certaines ou certains d’entre vous et j’en suis désolé. Mais de tout ce qui vient d’être dit, je voudrais juste retenir deux choses.

  • Toujours revenir aux connaissances modernes qui sont consensuelles…aujourd’hui… et essayer de comprendre pour améliorer nos pratiques.
  • Tenter d’alimenter de façon rationnelle et non dogmatique, un débat multidisciplinaire, confraternel et bienveillant pour le bonheur de nos patients mais aussi pour le nôtre.

J’ai appris à mes dépend en effet, que faire avancer nos pratiques semble difficile en 280 signes. Ce mode de communication débouche trop semble t-il, sur un pugilat verbal où chaque partie reste arcboutée sur sa position sans s’enrichir des regards « des autres ».

J’espère qu’à la lumière de ce rapide tour d’horizon sur les enfermements neuro-vasculaires, chacune et chacun aura bien compris que je ne suis ni un hurluberlu charlatan ni un polémiste politique. Et que chacun soit rassuré sur le fait que les formations proposées ici n’ont strictement rien d’ésotériques et respectent strictement la déontologie des masseurs kinésithérapeute 🙂

En toute humilité je répète ce qui est noté sur notre page d’accueil :

EOS Formation c’est

Une envie de partages
Une éthique de la formation
Un nouvel élan pour nos pratiques


[1] Patrick David Wall, Ronald Melzack, et John J. Bonica, Textbook of pain (Edinburgh, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, 1984).

[2] David Michael Dawson, Mark Hallett, et Asa J. Wilbourn, Entrapment neuropathies (Philadelphia, Etats-Unis d’Amérique: Lippincott Raven, 1999).

[3] David Robertson, éd., Primer on the autonomic nervous system (Amsterdam, Pays-Bas, 2004).

[4] Christopher J. Burnett et Helen W. Karl, « Axillary Nerve Entrapment », in Peripheral Nerve Entrapments: Clinical Diagnosis and Management, éd. par Andrea M. Trescot (Cham: Springer International Publishing, 2016), 305‑14, https://doi.org/10.1007/978-3-319-27482-9_31.

[5] Gregory Bain et Margaret Woon Man Fok, « Endoscopic Ulnar Nerve Decompression and Transposition », in Surgical Techniques for Trauma and Sports Related Injuries of the Elbow, éd. par Gregory Bain, Denise Eygendaal, et Roger P. van Riet (Berlin, Heidelberg: Springer, 2020), 739‑44, https://doi.org/10.1007/978-3-662-58931-1_100.

[6] AdrianR. M Upton et AlanJ Mccomas, « THE DOUBLE CRUSH IN NERVE-ENTRAPMENT SYNDROMES », The Lancet, Originally published as Volume 2, Issue 7825, 302, no 7825 (18 août 1973): 359‑62, https://doi.org/10.1016/S0140-6736(73)93196-6.

[7] Yves Allieu et Susan E. Mackinnon, éd., Nerve compression syndromes of the upper limb (London, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord: Marin Dunitz, 2002).

[8] Patrick M. Kane, Alan H. Daniels, et Edward Akelman, « Double Crush Syndrome », JAAOS – Journal of the American Academy of Orthopaedic Surgeons 23, no 9 (2015): 558‑62.

[9] Charles Philip Toussaint et al., « Double Crush Syndrome », SpringerLink, 2013, 101‑4, https://doi.org/10.1007/978-1-4471-4366-6_16.

[10] S. E. Mackinnon, « Double and Multiple “Crush” Syndromes. Double and Multiple Entrapment Neuropathies. », Hand Clinics 8, no 2 (mai 1992): 369‑90.

[11] V. Golovchinsky, « Double Crush Syndrome in Lower Extremities. », Electromyography and Clinical Neurophysiology 38, no 2 (mars 1998): 115‑20.

[12] Léo Testut, Traité d’anatomie humaine (Paris, France: Octave Doin, 1900).

[13] Pierre Auteur Kamina, Cyrille Martinet, et André Gouazé, Anatomie clinique. Tome 5, (Paris, France: Maloine, 2013, 2013).

[14] P. R. Chapman, Imaging Anatomy: Head and Neck E-Book (Elsevier Health Sciences, 2019), https://books.google.fr/books?id=1PWrDwAAQBAJ.

[15] David B. Jacoby, Richard M. Costello, et Allison D. Fryer, « Eosinophil recruitment to the airway nerves », Journal of Allergy and Clinical Immunology 107, no 2 (1 février 2001): 211‑18, https://doi.org/10.1067/mai.2001.112940.

[16] Pierre Gauthier-Lafaye, Julianna Salmon, et Élisabeth Fouché, Anesthésie loco-régionale et traitement de la douleur, éd. par Élisabeth Gaertner et André Muller (Issy-les-Moulineaux, France: Elsevier-Masson, DL 2009, 2009).

[17] Shaun Ryan et al., « Is the cranial accessory nerve really a portion of the accessory nerve? Anatomy of the cranial nerves in the jugular foramen », Anatomical Science International 82, no 1 (1 mars 2007): 1, https://doi.org/10.1111/j.1447-073X.2006.00154.x.

[18] Craig M. Johnson et Richard H. Wiggins, « Cranial Nerve XII: Hypoglossal », in Neuroimaging: Anatomy Meets Function, éd. par Nivedita Agarwal et John D. Port (Cham: Springer International Publishing, 2018), 219‑21, https://doi.org/10.1007/978-3-319-57427-1_23.

[19] Peter A. Brennan et al., « Sternocleidomastoid innervation from an aberrant nerve arising from the hypoglossal nerve: a prospective study of 160 neck dissections », Surgical and Radiologic Anatomy 39, no 2 (1 février 2017): 205‑9, https://doi.org/10.1007/s00276-016-1723-9.

Un point sur les probiotiques s’impose !

Je reçois aujourd’hui dans mes courriels une publicité pour « LE probiotique Français, issus de la recherche médicale et qui va vous faire perdre 13Kg en 30 jours et sans changer vos habitudes » Il est même précisé « pas besoin de sport » !

La publicité est-elle là pour nous rendre idiot ? Peut-être y parviendra-t-elle ?

Essayons avant, de regarder les choses objectivement.

De ce que nous savons aujourd’hui, notre Microbiome, c’est-à-dire la sphère écologique qui nous accompagne nécessairement toute notre vie, vari en permanence autour de facteurs environnementaux multiples, dont l’alimentation, mais ne doit guerre s’éloigner d’une base constituée de plusieurs milliers de souches différentes. Cette « base » est propre à chaque individu, avec la même spécificité que les empreintes digitales par exemple.

Or, cette singularité semble se construire durant nos 2 premières années de vie[1]. Au-delà, nous ne faisons que graviter autour de cette base…du moins si l’on reste en bonne santé.

Premier enseignement donc: il est fondamental de permettre aux bébés de construire cette « base » dans ses deux premières années de vie à colostrum bienvenue J antibiotiques indésirables L

Il apparait également que les Probiotiques que nous ingérons, ne s’implantent jamais dans notre « base » microbiotique. Les arguments du type « prenez nos probiotiques et vous ensemencerez votre Microbiome » sont donc fallacieux…passées les deux premières années de vie !

Est-ce que pour autant, que la prise de probiotique est inutile ? Non, mais avec comme objectif de bousculer cet équilibre microbiotique momentanément perturbé par un mode de vie délétère ou par exemple par la prise d’antibiotiques ou autres substances toxiques susceptibles d’affectées notre Microbiome de base. L’idée est alors de mettre un coup de pied dans notre fourmilière microbiotique pour que l’équilibre écologique revienne vers cette « base » synonyme de santé.

L’apport de probiotiques ne peut évidemment pas se suffire à lui-même. Il est intéressant pour bousculer un équilibre perverti par des variables environnementales. Il est donc absolument nécessaire de « corriger » ces variables environnementales que ce soit l’alimentation, le contexte psycho-émotionnel mais aussi , pour ne pas dire surtout, l’activité physique indispensable.

Les preuves s’accumulent aujourd’hui quant à la relation entre notre microbiote intestinal et le diabète de type 2[2], mais aussi les maladies inflammatoires[3], ou encore l’obésité[4], et même le comportement ou l’aspect psycho émotionnel[5]. Et oui il y a bien un pilote dans l’avion mais ce n’est peut-être pas celui auquel on s’attendait !


[1] Ruairi C. Robertson et al., « The Human Microbiome and Child Growth – First 1000 Days and Beyond », Trends in Microbiology 27, no 2 (1 février 2019): 131‑47, https://doi.org/10.1016/j.tim.2018.09.008.

[2] Matteo Serino, Vincent Blasco-Baque, et Remy Burcelin, « Microbes On-Air: Gut and Tissue Microbiota as Targets in Type 2 Diabetes », Journal of Clinical Gastroenterology 46 (2012): S27‑28.

[3] Etheresia Pretorius et al., « The dormant blood microbiome in chronic, inflammatory diseases », FEMS Microbiology Reviews 39, no 4 (4 mai 2015): 567‑91, https://doi.org/10.1093/femsre/fuv013.

[4] Michael Rosenbaum, Rob Knight, et Rudolph L. Leibel, « The gut microbiota in human energy homeostasis and obesity », Trends in Endocrinology & Metabolism 26, no 9 (1 septembre 2015): 493‑501, https://doi.org/10.1016/j.tem.2015.07.002.

[5] Eoin Sherwin, Timothy G. Dinan, et John F. Cryan, « Recent Developments in Understanding the Role of the Gut Microbiota in Brain Health and Disease », Annals of the New York Academy of Sciences 1420, no 1 (1 mai 2018): 5‑25, https://doi.org/10.1111/nyas.13416.

Que ta nourriture soit ton médicament…

Une « Infox » de plus !!!

Est-ce que pour autant Hippocrate aurait renié cette maxime qu’on lui prête aujourd’hui ?

Le « papa » de la médecine, n’aurait jamais parlé ainsi des aliments et des médicaments dans son « Corpus Hippocraticum »[1] . La distinction était pour lui évidente entre un Aliment, considéré comme de la matière que notre corps transforme pour son bénéfice et un Médicament qui vise à changer la nature même de notre corps.

En revanche et toutes les générations de médecins qui ont prêté le fameux serment le savent bien, Hippocrate a bel et bien proclamé « primum non nocere« … avant tout ne pas nuire !

Diane Gardenas nous rapporte en fait la réelle pensée d’Hippocrate concernant l’alimentation :

« Je vais appliquer des mesures diététiques pour le bénéfice des malades en fonction de mes capacités et de jugement; Je vais les garder du mal et de l’injustice »

En réalité cette pensée est bien plus profonde et juste que la première. Elle ne relève pas d’une injonction assénée de toute la hauteur de sa science mais au contraire d’une évidence pleine d’humilié.

Notre alimentation avant tout ne doit pas nous nuire ! Il se proposait donc, à la lumière de ses connaissances, de sa compréhension des mécanismes conduisant de l’aliment au nutriment et de la singularité de son patient, de le préserver « du mal et de l’injustice » que pourrait lui apporter une diététique inadaptée.

C’est bien là tout l’objet de la prévention dont nous pouvons êtres les vecteurs. Éduquer pour la santé sur le versant alimentaire les patients qui nous font confiance. Des patients qui ont , durant cette phase de rééducation, une oreille plus attentive par rapport à tout ce qui leur permettrait de recouvrer une santé optimale.

Afin de comprendre ce qui se joue dans cette fameuse transformation de l’aliment au Nutriment.

Afin de découvrir le rôle fondamental de la chronobiologie alimentaire

Afin de connaitre des clés pour rentrer sur le versant de l’éducation à la santé et sortir du modèle descendant des injonctions stériles, nous vous proposons de découvrir ensemble ce qui réellement nous nuit au niveau alimentaire.

Nous vous proposons donc trois formations répondant à ces nécessités.

  • L’une axée sur l’aspect rythme biologiques alimentaires pour comprendre l’importance de ces rythmes et être capable d’éduquer à la chronobiologie alimentaire.
  • L’autre axée sur les mécanismes qui conduisent de l’Aliment (ce que je mange) au Nutriment (ce que mon corps tire de ces aliments): la micronutrition
  • Enfin, pour celles et ceux qui souhaiteraient approfondir le coté éducation pour la santé (pas seulement alimentaire), nous vous proposons une formation exclusivement dédiée aux méthodologies et principes propre à cette discipline.

Nous avons une place de choix pour devenir  des acteurs principaux dans cette éducation à la santé alimentaire.

Tout le monde est aujourd’hui d’accord sur ce point, la santé des populations passe avant tout par retrouver des modes alimentaires non délétères, du champ à l’assiette en passant par la cuisine.

Alors…laissez vous tenter par un séminaire EOS Formation.

Programmes dates et formation sur le site: http://www.eosformation.fr


[1] Diana Cardenas, « Let not thy food be confused with thy medicine: The Hippocratic misquotation », e-SPEN Journal 8, no 6 (2013): e260‑62, https://doi.org/10.1016/j.clnme.2013.10.002.

Dame Rachis et Monsieur de L’Intestin… … Ou le derrière et le Dedans

Dame Rachis, harassée par sa charge quotidienne
Se plaignait souvent, du matin : trop rouillée au soir trop : fatiguée,
Que le sol est bien bas et son étreinte pesante
Pour sa silhouette articulée pourtant bien gainée.

Monsieur de l’Intestin vivait toujours caché
Bougon et irrité, il faisait pourtant sa besogne nécessaire
Non sans manifester ses accès de fureur de détresse ou d’ennui.
Pièce maitresse d’un corps impétueux, dans le noir patiemment,
Il attendait légitimement
Une reconnaissance des colocataires
De ce corps arbitraire.

Un jour fatigué des revendications de chacun,
Le Cerveau décida de convoquer tous les protagonistes
Que tous se présentent et disent leurs attentes.

Le coup de foudre fût retentissant
Entre dame Rachis et Monsieur de l’Intestin.
Ils partageaient depuis tant d’années …
Le même espace mais dos tourné !
Désormais face à face ils ont choisi d’évoluer.
Dame Rachis n’est plus harassée.
Monsieur de l’intestin toujours de bonne humeur.

Désormais toute la copropriété
Fête ces deux mariés
Qui lui donnent joie et prospérité.

Chez EOS Formation, nous avons choisi d’écouter, comprendre et apporter des solutions pour que cette « fable », qui est en fait notre quotidien à tous, trouve la même issue favorable chez nos patients.
• Sophie et Anne Sophie se proposent de vous guider autour de leur expérience de l’accompagnement des patients souffrant du SII (Syndrome de l’Intestin Irritable) ou IBS (Irritable Bowel Syndrom) et vous présenterons leur concept « école du ventre »
http://www.eosformation.fr/ecole-du-ventre/
• Quant à moi, je vous propose de comprendre, évaluer les dysfonctions de ce couple Intestin / Lombaire puis, d’essayer de normaliser leur relation pour le plus grand bonheur du « derrière » comme du « dedans »
http://www.eosformation.fr/approche-viscerale-des-dysfonctions-lombo-pelviennes/

Diagnostic… le temps d’une pause

Il est souvent intéressant de revenir aux racines étymologiques. Non pour le caractère docte de la démarche mais avec une réelle envie de comprendre ce qui fait parfois notre quotidien. Vous en conviendrez, le diagnostic concerne au premier chef les professionnels de la santé. Ainsi, « poser le diagnostic » est souvent le saint Graal auquel chacun de nous aspire. Or, nous allons le voir, le diagnostic n’est pas le Graal… c’est la quête !!

Et ça change tout !!! Continuer la lecture de « Diagnostic… le temps d’une pause »

J’ai mal au dos…vous avez une Lombalgie !

 

Plutôt que de se réfugier derrière un terme pseudo technique simplement sorti d’une double étymologie Latine (lombus : Rein) et Grecque (algie : douleur), tachons de rester face à l’appellation de nos patients « j’ai mal au dos » et tentons de remonter au Pourquoi? Que se passe t’il ou que s’est il passé?

Nombre de thérapeutes savent depuis longtemps que si ça fait mal derrière (au dos) c’est souvent parce que ça « tire » devant (le ventre). Continuer la lecture de « J’ai mal au dos…vous avez une Lombalgie ! »

Les « Oméga 3 » …

Les Oméga 3…

Tentons de présenter ces « fameux » Oméga 3.

Il s’agit d’Acides Gras, de graisse donc, mais plus exactement il s’agit d’une famille de gras de très haute performance, la « Rolls » du gras en quelque sorte. Mais voyons pourquoi…

Notre corps est constitué principalement d’un amas hyper sophistiqué, hyper organisé de cellules vivantes pour la plupart et qui nous appartiennent pour quelques unes d’entre elles (mais ça nous y reviendrons une prochaine fois). Ces cellules renferment une très grande quantité d’eau et voilà pourquoi nous considérons généralement que notre corps est constitué à 70% d’eau. Ces cellules sont donc des « sacs », à la paroi très sophistiquée également mais capable de retenir toute cette masse d’eau. Autant donc, avoir des « sacs » de qualité.

Il se trouve que ces parois cellulaires sont constituées majoritairement des ces acides gras. Intuitivement il est donc facile d’imaginer, qui de la paroi dure et rigide ou du sac souple et élastique, sera le plus à même de traverser les diverses sollicitations mécaniques auxquelles notre corps fait face à chaque instant. Qu’est ce qui est moins fragile? Un globe de cristal ou un ballon de baudruche?

Il est par conséquent particulièrement intéressant pour nous d’incorporer à nos parois cellulaires du « gras souple » plutôt que du « gras cassant » !

Il se trouve que les Oméga 3 sont les acides gras Polyinsaturés les plus souples qui soient. Pas étonnant de les retrouver préférentiellement dans le Krill ou les petits poissons gras qui peuvent vivre dans des eaux océaniques parfois en dessous de 0° ! Sans cet antigel, leurs cellules exploseraient.

A l’autre bout de la chaine « qualité », il y a les acides gras « Trans » ou « Hydrogénés » qui sont des acides gras saturés, donc très stables. Ils ne s’oxydent pas, ce qui constitue un atout du point de vue de la production et du commerce, puisqu’ils ne ranciront pas. Mais leur propriété mécanique est en rapport: ils sont rigides et cassants !

Voilà donc une petite métaphore qui peut nous aider à comprendre pourquoi il est fondamental d’intégrer dans notre alimentation ces fameux acides gras « Omega3 ». Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg Oméga.

En effet, au niveau métabolique cette fois, de plus en plus d’études établissent la nécessité de rééquilibrer notre ratio de consommation Omega6/Oméga3. Ce ratio est voisin de 20 en moyenne en Occident alors qu’il devrait être de 3 !!!

Rééquilibrer ce ratio semble fondamental pour lutter contre la survenue du Cancer[1],[2] , les maladies cardio vasculaires[3],[4] , mais aussi pour renforcer notre immunité[5] . La liste n’est bien sur pas exhaustive.

Il est bien triste de voir que le « gras » est rangé au même niveau que les « sucres » dans la désormais célèbre injonction: « ne mangez pas trop gras, trop sucré, trop salé ».

Il est des gras vitaux sans qui la cellule même n’existerait pas. Il n’est pas de sucres vitaux à ce sens, et surtout pas les sucres industriels raffinés, qui sont les énantiomères toxiques des sucres naturels… mais ça aussi, nous y reviendrons sans doute prochainement.

Alors, en attendant, à vos Maquereaux, Anchois, Sardines ou autres Harengs, et bon appétit  🙂

[1] Miao Liu et al., « Elevation of n-3/n-6 PUFAs ratio suppresses mTORC1 and prevents colorectal carcinogenesis associated with APC mutation », Oncotarget 7, no 47 (22 novembre 2016): 76944‑54, https://doi.org/10.18632/oncotarget.12759.

[2] Soyeon Kim et al., « ω3-polyunsaturated fatty acids induce cell death through apoptosis and autophagy in glioblastoma cells: In vitro and in vivo », Oncology Reports 39, no 1 (1 janvier 2018): 239‑46.

[3] Artemis P. Simopoulos, « The Importance of the Omega-6/Omega-3 Fatty Acid Ratio in Cardiovascular Disease and Other Chronic Diseases », Experimental Biology and Medicine 233, no 6 (1 juin 2008): 674‑88, https://doi.org/10.3181/0711-MR-311.

[4] Esther Tortosa-Caparrós et al., « Anti-inflammatory effects of omega 3 and omega 6 polyunsaturated fatty acids in cardiovascular disease and metabolic syndrome », Critical Reviews in Food Science and Nutrition 57, no 16 (2 novembre 2017): 3421‑29, https://doi.org/10.1080/10408398.2015.1126549.

[5] Yang-Yi Fan et al., « Remodelling of primary human CD4+ T cell plasma membrane order by n-3 PUFA », British Journal of Nutrition 119, no 2 (2018): 163‑75, https://doi.org/10.1017/S0007114517003385.